LA MORT, UNE POÉTIQUE DE L’OUVERTURE DES CORPS.
 

Le volume d’un corps, son aplatissement, sa capacité à s’offrir au vide et ainsi à évoquer sa disparition totale dans la mort : autant de questions qui sous-tendent la réalisation des travaux présentés, à travers divers matériaux tels que le papier, le tissu et le fil, qui évoquent - par leurs formes multiples et leurs propriétés spécifiques - la vie d’un corps d’abord animé, puis devenu inerte.

L’utilisation de ces matériaux, qui oscillent entre résistance et caducité, exprime la fragilité et la précarité de se savoir vivant - et par là-même sujet à l’anéantissement - à travers l’aléatoire et la violence qu’ils subissent lors de leur manipulation. 

La réflexion qui mène à la création des différents projets n’est pas tant une recherche sur l’image arrêtée d’un corps mort que sur la propension du corps à disparaître dans la mort. Ainsi, je me penche sur ce qui relève de son évolution propre, de sa transformation et de son souffle jusqu’à son opacité dernière et statique.

Mon travail se situe au coeur de cette faille qui nous place en regard de nous-même, dès lors que nous prenons conscience de notre finitude. Cette prise de conscience nous met à distance de notre propre existence, et c’est dans cet état de rupture, dans cet écart d’avec soi, que surgissent les sentiments qui au contraire nous font être véritablement vivant, tel que peut l’être en premier lieu le « désir ». Quelle que soit la manifestation de ce désir, entendu comme l’expression d’un élan vital ou d’une force de création, il incarne la lutte envers une condition qui nous échappe, un combat propre à la vie.

 

©Inez 2015